Exceptions humaines

Peut-on supposer que le critère principal à l’obtention du titre d’« humain » est celui de sa capacité de penser et d’agir en conséquence de quelque chose, tout en ayant conscience de ce qu’il est (de soi) ? Généralement, on pourrait répondre oui à cette prémisse, cependant il y a des exceptions, des erreurs de parcours de la nature qu’il faudrait expliciter. Je m’explique : Il y a des êtres humains parmi nous, que de naissance ou par accident sont disposés à un mode de vie quasi végétatif ou même quasi animal. Il y a des humains, mentalement handicapés qui ne satisfassent que leurs besoins fondamentaux de survie, de façon autonome ou non, sans être vraiment conscients de leur monde ou de leur existence. Certes, on les appelle pareillement humains, même malgré le fait que leur conscience (lucidité / cognition) est affectée. Quoi dire des personnes atteintes de troubles mentaux qui ont des altérations dans leurs manières de raisonner et également des perceptions erronées de leurs espaces et de leurs images ? On les appelle aussi des humains. Qu’elle est donc le critère qui conceptualise l’« humain » ? Supposons que c’est leur apparence physique. on est tous pareils, en quelque sorte, biologiquement ; on est tous dotés d’une forme humanoïde homogène. Cependant, quoi dire donc des difformités physiques chez quelques individus moins fortunés ? Difformités qui déraillent du modèle d’humanoïde et qui font parti également de la nomenclature « humaine ». Quel est donc ce critère ?

Allons à l’extrême, la monstruosité par exemple : un être déforme et hormis de conscience est-il humain ? Je peux parier qu’il le sera ! Comment expliquer cela ? Toute exception qui vient au monde, fruit d’une fécondation humaine est, peu importe son apparence ou son degré de conscience, un humain. Ces exceptions prises individuellement ne font pas le poids socialement et n’ébranle aucunement l’espèce. Les cas d’exception ne représentent pas l’apparition d’une nouvelle génération d’êtres vivants mutés. Par exemple : un individu qui vient au monde sans ses deux membres inférieures, un œil sur son front et qui ne s’alimente que de galettes faites de terre, sera considéré comme humain et sera traité comme un homme handicapé, comme une exception ou un accident de la nature. Cependant, c’est dans la quantité que le facteur d’exception se dissout. Ainsi, si une centaine de femmes donneraient naissance à des êtres qui auraient tous les mêmes caractéristiques physiques et/ou mentales, comme la monstruosité que je viens de décrire, leur statut d’humain sera matière à débat et possiblement rejetée ! Une nouvelle espèce dérivée de l’homme sera donc à renommer ou à classer sans scrupules !

Bref, le critère de la nomenclature « humain » semble siéger au sein d’une corrélation entre l’exception et la quantité de cette dernière lorsque comparée (en nombre) à un groupe d’ « humains » surnommés normaux ! Cette finale ouvre un débat encore plus pointilleux... Qu’est-ce qui est normal et anormal chez l’être humain?

Ce sujet enrobe un dilemme éthique assez particulier. C'est lors de mon passage au Cégep que ce sujet a été apporté (sous d'éthiqué appliqué en soins infirmiers)

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