dimanche 6 mars 2011

La volonté

Le pouvoir de se réaliser est à l’intérieur de nous. On ne se réalise pas en rêvant ou en espérant ou encore moins (comme "Le Secret" et sa loi de l’attraction nous suggère) en pensant positivement à quelque chose dans le but de l’attirer. On se réalise en s’activant, en se mobilisant. On ne se réalise que par la seule chose qui peut faire partir notre engrenage existentiel, la volonté !

Pensez à la nature, méditez s’il vous faut ! Les plantes fleurissent de manière exceptionnelle, les arbres qui grandissent en atteignant une robustesse surprenante et les castors que par leur travail acharné devient même le cours d’eau le plus puissant. Une question pour les adeptes de la motivation, pour ceux qui ont besoin d’écouter de beaux parleurs en CD chaque matin en se dirigeant au travail, pour ceux qui pensent que le livre « le Secret » contient la vérité enfin révélée... Qu'est-ce qui motive la nature d’agir ainsi ? Laissons les grands penseurs parler sur le sujet.



Arthur Schopenhauer (1788-1860) a parlé de volonté comme étant principe universel définissant la lutte primaire de chaque espèce. Volonté est la chose en soi cachée derrière les phénomènes, l'essence du monde. C'est une force aveugle et absurde, un principe dépourvu de savoir. Le tempérament ou le caractère individuel fondamental se rapportent à cette volonté que ni l'habitude ni l'éducation ne peuvent venir modifier. La connaissance ne s'y surajoute que comme un accident pour aboutir finalement aux manifestations les plus élaborées de la nature. Elle est partout. Chez l’homme, cette volonté qui va de soi est présente de manière organique. Cependant, la conscience humaine rend cette volonté auto-destructrice ou auto-constructrice. Nietzsche (1844-1900) en rompant avec la philosophie de ce dernier, disait à propos de la volonté que celle-ci vise la puissance.  Or, une volonté utilisée à notre avantage transcende celle de la nature, car celle-ci peut être contrôlée, utilisée et dirigée vers un but quelconque, vers un passementent de soi.


Emmanuel Kant (1724-1804), dans sa philosophie pratique, fait de l'autonomie de la volonté le principe suprême de la morale. Elle permet en effet à l'homme de se fixer sa propre loi, non pas d'après ses penchants égoïstes, mais d'après la représentation d'une loi fixée par sa seule raison. Ainsi, seul celui qui agit par devoir (et non par intérêt), c'est-à-dire par « bonne volonté », agit de manière proprement morale. L'homme est à la fois un être sensible, soumis à des inclinations (désirs), et un être intelligent, capable de décider de sa conduite par sa seule raison, indépendamment de ses désirs. Ce principe de choix indépendant des penchants est l'autonomie de la volonté (l’être raisonnable se fixe lui-même sa loi), et s’oppose à l’hétéronomie (la volonté trouve sa loi en dehors d’elle-même, à savoir dans les désirs excités en nous par la sensibilité). Kant aboutit à la « formule mère » de l’impératif catégorique : « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d’une législation universelle » (Critique de la raison pure)


René Descartes considère la volonté comme la faculté humaine la plus vaste : « je ne conçois point l'idée d'aucune autre [faculté] plus ample et plus étendue » elle n'est autre que ce pouvoir que nous avons de « faire une chose, ou ne la faire pas (c'est-à-dire affirmer ou nier, poursuivre ou fuir) » Kant voit aussi en cette amplitude de volonté la source même de l’erreur humaine, puisque la volonté se heurte inévitablement à notre entendement limité. Notre volonté nous permet en effet d'affirmer ou de nier tout ce que nous voulons, le vrai comme le faux. Le problème est que ce que notre entendement nous fait concevoir n'est pas toujours assuré, et que notre faculté de connaître est non seulement limitée mais aussi victime de nombreuses illusions. (Méditations métaphysiques IV)



On peut dire que chez Nietzsche, la Volonté de puissance est bien un concept métaphysique puisqu'il caractérise l'être de l'étant ; il désigne ainsi l'accroissement de la puissance par le simple vouloir. « Ce concept victorieux de la force, grâce auquel nos physiciens ont créé Dieu et l’univers, a besoin d’un complément ; il faut lui attribuer un vouloir interne que j’appellerai la volonté de puissance ». La volonté de puissance est donc attribuée à la force, mais d’une manière très particulière : elle est à la fois un complément de la force et quelque chose d’interne. » Gilles Deleuze, Nietzsche et la philosophie, Paris, p.u.f., 1962, p. 56.

En bref, la vie est force, puissance. Vous ne la sentez pas ? Peut-être pas par ce que vous êtes trop occupés à chercher qui pourrait vous motiver. La nature ne vous motive pas assez ? Prétendez-vous être une autre espèce hors de la nature ?

 
Arrêtez de chercher, centrez-vous et entrez en contact avec votre potentiel. Planifiez vous des buts et foncez...réalisez vos projets car la volonté n'est pas un tour de magie, elle est là et elle est bien réelle. Recréez votre vie si vous en avez besoin, accomplissez vous ! Se dépasser est ce qui nous distingue, nous humains, parmi les autres vivants de la nature. Vous avez de projets alors investissez vous, focusez et persévérez !





L'article présent a été inspiré par des expériences personnelles et par la philosophie des philosophes nommés ci-haut.
À lire sur les comportements sans volonté de dépassement dans l'article "Pas de volonté ?" et poursuivre la lecture avec mon scandaleux article révélateur "Le Secret est une arnaque !" Article ou j'explicite les faux messages de la loi de l'attraction pervertie.

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